Les tribulations d’un astronome

Comment chier dans les bois ?

Leçon de choses
mardi 20 juillet 2010 par Guillaume Blanc

Mes balades dans la nature — sauvage ou pas — m’ont amené à la conclusion que mes contemporains ne savent pas chier dans les bois ! Ou bien, en d’autres termes, ne savent pas comment se comporter pour faire leurs besoins dans la nature. Des sentiers aux abords jonchés de « restes » dont l’origine ne faisait aucun doute, jusqu’à la trace sur une arête glacière, balisée de petits monticules contrastant quelque peu avec la blancheur ambiante, malgré leur coiffure de papier blanc, et dont l’origine, là encore, ne laissait aucun doute. En passant par des lieux plus banals, abords de routes touristiques, de parking ou de zones de bivouac complètement « minés » ! Certes tout cela est « naturel » et biodégradable, me direz-vous. Mais en attendant, je ne sais pas vous, mais j’aime bien me balader dans la nature sans tomber nez-à-nez avec les restes de mes concitoyens ! Bizarrement je préfère mettre le pied dans une bouse de vache, plutôt que dans une bouse humaine... Allez comprendre...

Pourtant un minimum de bon sens, de respect d’autrui, conduit à quelques règles simples en pareille occasion.

Règle d’or : arrangez-vous pour que quiconque passant derrière vous ne puisse déceler les traces de vos petites affaires.

Tout le reste, n’est que corolaire. Ainsi, pour ce faire, éloignez-vous autant que possible de tout lieu de passage, sentier, chemin, « trace »..., faites un trou dans la terre avec un bâton, une pierre ou avec vos mains, aussi profond que possible, afin d’enfouir au maximum votre offrande à la nature. Qui aura ainsi plus de chance d’être rapidement dégradée. En l’absence de terre, en montagne dans les rochers, par exemple, il suffit de caler le tout sous une belle pierre, ou plusieurs. Dans les écosystèmes « fragiles », dans la neige ou sur un glacier, dans le monde souterrain, en canyonning, il serait préférable de remporter la chose avec soi... Mais avant que ça rentre dans les mœurs, de l’eau va encore couler sous les ponts. Pour ce qui est du papier usagé, idéalement il faut le brûler, et donc se balader avec un briquet, ou bien le remporter. Car c’est surtout lui, en fait, qui pollue le paysage : il met des plombes à se biodégrader. À défaut, enfouissez-le avec le reste, le plus profondément possible !

Il y a quelques trucs à savoir : évitez la proximité des torrents et autres cours d’eau, l’eau pourrait emporter la chose avant que les bactéries ne soient dégradées, ce qui les disperserait au lieu de les détruire. Si vous êtes un groupe important à camper dans la nature, par exemple, il est préférable de creuser un même trou pour tout le monde, loin de tout écoulement d’eau et du lit des rivières, en le rebouchant au départ.

Pour ce qui est de pisser, je serais moins draconien, l’urine étant relativement stérile (elle transporte des germes seulement en cas d’infection ou d’hygiène douteuse), il n’est a priori pas grave de la répandre dans la nature. Comme elle n’est pas non plus un polluant visuel, pas de règle particulière. Mais il vaut mieux s’éloigner un peu des chemins, car elle peut être malodorante en cas de grosse chaleur...

Évidemment, tout cela s’applique à tout le reste : mouchoirs usagés à remporter soigneusement, résidus de nourriture (peaux de banane, d’oranges, trognons de pomme, peaux de saucissons, croûtes de fromage... ) qui bien que « biodégradables » forment une pollution visuelle pour quiconque passe après... La règle est la même : ne pas laisser la moindre trace de votre passage. Dites-vous bien que certains circuits de randonnée et certains sommets sont très fréquentés : si chacun laisse ses pelures, je ne vous pas la vision du prochain qui passe par là ! Bonjour la nature immaculée !

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Pour en savoir plus : « Comment chier dans les bois ? » de Kathleen Meyer, chez Edimontagne. Les randonneurs, campeurs, grimpeurs, alpinistes, kayakistes, ..., pratiquants de la nature diverse et variée — et même les autres — devraient lire ce livre, qui fait sauter quelques tabous, en éduquant le lecteur avec une bonne dose d’humour ! Je vous invite donc à le lire, il est exhaustif en la matière et vous montrera que les précautions que je cite ci-dessus, sont extrêmement minimalistes ! Or, elles ne sont visiblement même pas suivies...


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