Les tribulations d’un astronome

L’horizon des événements

jeudi 26 mai 2005 par Guillaume Blanc
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Je ne sais pas comment sera traduit le titre, mais en tout cas, c’est bien ça que L’orizzonte degli eventi veut dire. C’est le deuxième long métrage de Daniele Vicari, avec Valerio Mastrandrea. Il a été présenté à Cannes dans la Semaine de la Critique. Je ne pense pas qu’il soit déjà sorti ailleurs qu’en Italie. Voici donc un avant-goût en avant-première...

Un jeune et brillant physicien nucléaire travaille sur une expérience de détection des neutrinos solaires, Hélios, dans le laboratoire souterrain sous le Gran Sasso, dans le centre de l’Italie. Toute sa vie se résume à son travail. Mais l’impitoyable pression internationale demande des résultats, qui tardent un peu (trop) à montrer le bout de leur nez. Les japonais sont en avance et risquent de rafler les honneurs de la découverte lors de la prochaine conférence internationale. Et notre chercheur de falsifier les résultats de l’expérience. Une collègue s’en aperçoit, celle qui est amoureuse de lui, et le met au pied du mur : avouer la supercherie. Car tricher en physique, non, ça ne fait pas, quand même. Notre jeune homme en perd les pédales, se retrouve dans sa voiture, roule, roule, et finalement se plante dans la cambrousse. C’est un jeune berger albanais qui le recueille. Autre jeune homme qui vit dans des conditions misérables, racketté par une bande de malfrats en échange d’un hypothétique passeport...

C’est un film sur le jour et la nuit. La première partie se déroule essentiellement dans ce laboratoire sous le Gran Sasso, pointe de la technologie, plaque tournante de chercheurs du monde entier. La deuxième partie se déroule au grand air, celui des montagnes, au beau milieu des alpages de cette même montagne du Gran Sasso. D’abord la nuit, et la lumière artificielle, ensuite le jour, et le Soleil. Dans la nuit on cherche à détecter des particules venant du Soleil. À la richesse à la fois intellectuelle et économique d’une grande expérience de physique, s’oppose la pauvreté de ces bergers albanais qui hantent les pâturages du Gran Sasso. Leur espoir d’avoir un passeport, un jour. Pour exister, enfin. Le jour et la nuit. Mais curieusement, le jour, c’est la vie au grand air. La nuit c’est la vie de travail, centrée sur cette expérience de physique. La nuit et le jour. De part son mensonge, et son accident, notre physicien va découvrir le monde qui existe autour de lui, de son travail, de ses neutrinos. Un autre monde. À savoir, qui du jour ou de la nuit, va l’emporter...

J’ai beaucoup aimé ce film, même si la physique n’y est pas décrite de la manière la plus reluisante : un physicien menteur, falsificateur, qui ne tient pas ses promesses, on fait mieux pour redorer le blason de la discipline. Noirceur intérieure ? Mais là n’est pas l’objectif du film. Qui serait plutôt de montrer ce jour et cette nuit. Cette pauvreté au Soleil, et cette technologie dans la nuit. Le tout sur et sous la même montagne. Jolis paysages, au passage. Et puis les « riches » ne sont pas forcément les plus heureux. Notre physicien est dépeint comme taciturne, peu souriant, stressé, inquiet... Ça donne plutôt envie d’être berger ! Et pourtant, ses jolies collègues féminines lui tombent dans les bras sans qu’il n’ai rien demandé (ça, ça donne envie d’être physicien !). Parfois je me demande ce que cherchent les femmes ?? Mais peu importe, ce n’est qu’un fantasme de scénariste ! Quoiqu’il en soit, le monde de la physique, le vrai, n’est pas comme ça de manière générale... Ou alors j’ai raté quelque chose !

Tandis que je transfère cet article de mon ancien blog, le 29 juillet 2010, ce film n’est toujours pas sorti sur les écrans français...


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