Les tribulations d’un astronome

Félicitations du jury

jeudi 31 mai 2007 par Guillaume Blanc

Un petit livre noir sur l’art de faire et passer sa thèse en sociologie. Ne le lisez surtout pas si vous être thésard en sociologie (ou tout autre science humaine !), c’est un petit roman au réalisme décapant (déprimant). L’auteur (auteure ?), c’est Clarisse Buono, qui « a été chercheur en sociologie... » dixit la quatrième de couverture. Visiblement son « CV » s’arrête en 2005. Probablement évincée (?) de quelque poste poste dans la recherche académique elle a ravalé son amertume face au système pour tout déballer ce qu’elle avait sur le cœur dans ce roman (en tout cas, à sa place, c’est ce que j’aurais fait !). Roman ou elle met en scène Jean-Marc, thésard en sciences sociales. Cinq années de thèse sans allocation, c’est-à-dire sans le sou : obligé de se plier à toute sorte de petits boulot pour joindre vaguement les deux bouts. Cinq années couronnées par la soutenance de thèse, enfin. Et c’est d’une incroyable noirceur, d’un cynisme total, toutes les facettes du parcours du combattant de l’étudiant en thèse de sociologie sont passées au vitriol. Ça sent trop le vécu (jusqu’à un certain point) pour être une totale fiction.

Évidemment, je n’ai pu m’empêcher de comparer les péripéties de ce pauvre Jean-Marc aux miennes ! Mais déjà, les sciences dites « dures », bénéficient en France d’un atout de poids : aucune thèse en physique ne se fait sans allocation de recherche. Le montant n’en est pas mirobolant, un peu plus que le SMIC, mais suffisant pour survivre tout en ayant la tête dans le guidon, même à Paris (à condition de vivre en ermite quand même !). Une thèse en physique dure en général trois ans, et non cinq. Si le directeur de thèse semble être primordial en sciences sociales, il l’est moins en physique, car le thésard travaille alors le plus souvent dans un laboratoire au sein d’une équipe. Il n’y pas vraiment de « mandarins » en physique. Bref, tout ça pour dire que l’on a beau être passionnés par ce que l’on fait, que ce soit de la sociologie ou de l’astrophysique, la vie du thésard dans ce dernier domaine est, je pense, quand même plus rose que dans le précédent. En tout cas, moi, ma thèse, ça a été plutôt sympa dans l’ensemble. Je vous raconterais ça, un jour. Si c’était à refaire, j’y retourne sans hésiter ! Et ce n’est pas le fait d’avoir un poste aujourd’hui, même si ça aide à faire passer l’amertume des concours foirés. Même sans poste à la clef, la thèse et les post-docs, j’aurais tout refait pareil !

Ces « félicitations du jury » se lisent très bien. C’est noir, amer et cynique, mais c’est très bien écrit. Le côté « socio » de la chose. Peut-être un jour écrirais-je le côté « physique » du truc. Et ça sera nettement plus drôle, vous verrez !

Faites de la physique !


Un article de Clarisse Buono dans Libé : Thésard, une vie de loser. Peut-être que la sociologie est une discipline bouchée, d’où les conditions décrites à la fois dans son roman et dans cet article. Parce que ça ne se passe pas du tout comme ça en sciences, dans la plupart des cas, tout au moins physiques...


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