Les tribulations d’un astronome

Les hirondelles de Kaboul

jeudi 15 mars 2007 par Guillaume Blanc
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Un petit roman de Yasmina Khadra. Cent cinquante pages qui nous font pénétrer au cœur de la vie à Kaboul, en Afghanistan sous le régime Taliban. Les hirondelles, ce sont ces femmes qui doivent circuler dans la rue enfouies sous la burqa, les hommes, eux, doivent porter la barbe. Le récit s’ouvre sur la mise à mort d’une femme coupable d’adultère, lapidée par le peuple en liesse. Les personnages se croisent, pour ne pas se rencontrer. Atiq l’intégriste gardien de la prison des femmes, dont la femme est malade. Mohsen et sa femme, la ravissante Zunaira, couple miraculeusement uni par l’amour, tentent de vivre comme « avant », du moins à l’intérieur de leurs murs ; dehors, impossible : les talibans veillent. La foi de l’un se trouve chamboulée par ce qui arrive à sa femme, la raison de l’autre finit par vaciller devant tant d’exactions...

On a beaucoup entendu parler de ce régime, de la vie en Afghanistan sous les Talibans, et du sort des femmes là-bas, réduites à de simple serpillères anonymes, dans le seul but d’essuyer les humeurs de leur mari. Yasmina Khadra campe des personnages, il met ainsi des noms et accessoirement des visages, sur cette vie-là. L’horreur personnifiée. Même au Moyen-Âge les hommes n’étaient pas traité de manière aussi atroce ! Comment peut-on en arriver là ? Et pourtant, pourtant, la fin prouve toute l’instabilité d’un tel régime... L’amour est-il au cœur de la haine ?

Ce roman pose une infinité de questions à l’occidental libre que je suis. Comment un pays peut-il traiter ses hommes et surtout ses femmes de cette manière. Il n’y a rien à faire, je crois qu’il nous tout simplement impossible de comprendre. Les faits sont là, il faut essayer de les absorber, l’incrédulité demeure...


« Il ne faut pas se leurrer. Les mentalités restent celles d’il y a des siècles. Ceux qui attendent de voir surgir une ère nouvelle de l’horizon perdent leur temps. Depuis que le monde est monde, il y a ceux qui vivent avec et ceux qui refusent de l’admettre. Le sage, bien sûr, est celui qui prend les choses comme elles viennent. »


« Mais ce n’est plus possible, maintenant. Il y aura constamment un épouvantail malodorant, armé jusqu’aux dents, pour nous rappeler à l’ordre et nous interdire de parler à l’air libre. Plutôt que de subir un tel affront, je préfère m’emmurer chez moi. Ici, au moins, lorsque le miroir me renvoie mon reflet, je ne m’abrite pas derrière mon bras. »


« Hormis celui de son épouse, Atiq n’a pas vu un seul visage de femme depuis plusieurs années. Il a même appris à vivre sans. Pour lui, à part Mussarat, il n’y a que des fantômes, sans voix et sans attraits, qui traversent les rues sans effleurer les esprits ; des nuées d’hirondelles en décrépitude, bleues ou jaunâtres, souvent décolorées, en retard de plusieurs saisons, et qui rendent un son morne lorsqu’elles passent à proximité des hommes. »


« La guerre est une monstruosité et ses enfants ont de qui tenir. »

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