Les tribulations d’un astronome

Stéphane Guillon

vendredi 11 février 2011 par Guillaume Blanc
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Je ne suis pas un grand amateur de l’humour des « humoristes. » Disons que je suis plutôt difficile en la matière. Je trouve que c’est souvent graveleux, un humoriste. Gras, trop gras en ce qui me concerne. Il y en avait bien quelques-uns que j’avais appréciés, notamment à l’époque du passage de Ruquier sur France Inter, il y a une quinzaine d’années — voire plus ! —, c’était dans son émission Rien à cirer. J’aimais particulièrement Jean-Jacques Vanier, et son sempiternel La vie est belle et c’est tant mieux... Après ça, aucun n’a vraiment retenu mon attention.

Et puis il y a eu Stéphane Guillon au petit matin, sur France Inter, découvert petit à petit il y a un an ou deux. Je n’aimais pas tout, parfois c’était trop en dessous de la ceinture pour moi. Mais globalement, il me plaisait bien. Avec Anne-Soisig, on podcastait ses chroniques, que l’on écoutait en voiture lors de nos virées au long cours.

En fait, si j’aimais bien Vanier il y a quinze ans et plus, c’est qu’il ne parlait pas de politique, et comme la politique ne m’intéressait alors pas, j’étais en adéquation : je comprenais ce qu’il racontait. Car avec un Guillon,il faut être un minimum au courant de l’actualité et de la vie politique pour y comprendre quelque chose.

Depuis le début du règne de Sarko, je m’intéresse à la chose de la cité, parce que je trouve que tout va mal de ce côté-là. Et justement Guillon ose mettre le verbe là où ça fait mal. Comme il le dit lui-même, sa popularité est inversement proportionnelle à celle de Sarko. Or cette dernière étant au plus bas...

Quand il a été viré de France Inter en juin dernier, pour des raisons politiques — au passage, il a gagné aux prudhommes ! —, j’ai suivi la chose sur la multitude des groupes Facebook créés à l’occasion, nous sommes même allés une fois manifester devant la Maison Ronde : la liberté d’expression est un des gages de la démocratie, et quand on licencie les humoristes, il faut vraiment se faire du soucis...

Rien n’y fit, Guillon n’est toujours pas revenu sur France Inter.

Du coup, on en a profité pour aller voir son spectacle : « Liberté très surveillée » au théâtre de Paris. La première fois que j’allais voir un humoriste sur scène !

Je pensais que ça allait durer une petite heure — nous en primes pour deux ; je pensais que j’allais m’ennuyer une partie du temps et finir par avoir mal aux jambes, imbriquées qu’elles étaient dans le fauteuil de devant — je ne l’ai pas vu passer, le temps, mes jambes non plus ; je pensais qu’il ne me ferait pas rire tout le temps — je me suis pourtant bien bien marré !

Évidemment, c’est assez engagé, puisqu’il tape sur nombre de personnalités politiques, mais ce n’est jamais trop gras ou trop en dessous de la ceinture ; seulement quelques allusions que je n’ai pas comprises, ne connaissant pas le bonhomme en question. Il alterne sketches — pour conjurer le mauvais sort (non, pitié, pas un deuxième quinquennat !) — avec impro autour de l’actualité. La salle du théâtre de Paris, avec son « carré d’or » en bas, et son « poulailler » en haut — nous étions dans le poulailler ! — était tout à fait pleine.

Un vrai régal. Un Guillon en pleine forme, toujours pas remis de son licenciement...


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