Les tribulations d’un astronome

Histoire de radio-réveil

mardi 4 octobre 2005 par Guillaume Blanc

Lors de mon séjour aux États-Unis, j’avais emporté mon radio-réveil, engin qui donne et la radio et l’heure (quoique...), à condition qu’on veuille bien le brancher sur une prise de courant, dans mes bagages. C’est ce dernier élément qui fit que l’engin en question resta dans son emballage quatre mois durant. En effet, pour brancher un truc du Vieux Continent sur le nouveau, il faut un adaptateur qui fait transformateur, car la tension là-bas (120 V) est deux fois moindre que chez nous (240 V). Et la quête d’un tel ustensile fut longue et tortueuse. Au bout de quatre mois, donc, j’entrai en possession de la chose. Enfin ! Le soir même, je découvrai tout d’un coup la radio, l’heure (enfin une autre heure que celle de ma montre) et la possibilité de me réveiller le lendemain matin autrement que par la lumière du jour. Je programmai aussitôt la machine.

Quelle ne fût pas ma surprise de me réveiller en musique avec la radio ! Quel luxe, tout d’un coup ! Enfin, la surprise venait surtout du fait qu’il était une heure et demi trop tôt, d’après ma montre. Bon. Peut-être étais-je mal luné la veille au soir, en réglant l’heure ou bien en réglant l’heure du réveil. Après tout, ça m’arrive de temps en temps de me planter d’une heure, genre 7h45 pour 6h45, ce qui me permet de dormir une heure de plus. Mais là, une heure et demi de décalage (dans le mauvais sens, en plus), faut quand même le faire !

Dubitatif, me voilà en train de chronométrer la minute de mon radio-réveil. Et là, Ô surprise ! Cinquante secondes ! Ceci expliquant cela : les heures durent donc cinquante minutes pour cette machine infernale. Et le temps d’une nuit, neuf petites heures « normales » se sont transformées en sept heures trente... Tu m’étonnes que j’avais des petits yeux, après ça !

D’où peut bien sortir un tel morceau de sorcellerie ? Ben de la prise de courant, tout simplement. Mon radio-réveil de base se servait de la fréquence du courant d’alimentation pour déterminer le temps, donc l’heure. En France, et plus généralement en Europe, la fréquence du courant est de 50 Hz. Cinquante pulsations par seconde. La boîte « compte » donc cinquante battements et hop ! on a une seconde ! Outre atlantique, en plus du fait que la tension est deux fois moindre, la fréquence est un peu plus élevée, 60 Hz. Donc chaque battement dure un peu moins longtemps qu’en Europe. Les cinquante battements que sait compter le réveil durent au total un peu moins d’une seconde... 50/60 = 0.83 seconde, exactement. Et 0.83 x 60, ça fait 50 secondes la minute ! Trop fort, non ? Voilà pourquoi ma machine m’a sucré une heure trente de sommeil !

Par conséquent, pour continuer de me réveiller en musique, à la bonne heure, il fallait que je programme la chose en multipliant la durée prévue de mon sommeil par 1.2... De quoi choper un mal de crâne carabiné en sautant dans le lit ! Je m’étais fait un petit tableau pour limiter les dégâts...


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