Les tribulations d’un astronome

Course à pieds

mardi 5 juillet 2005 par Guillaume Blanc

Lundi 4 Juillet 2005

De retour à Padoue après un passage par les Hautes-Alpes, Paris, Strasbourg et de nouveau les Hautes-Alpes. Si mes deux week-ends passés dans les montagnes furent plutôt sportifs, le reste, à Paris puis à Strasbourg fut plutôt oisif. Il était temps de remettre la machine en marche. Je suis donc allé courir ce soir. J’ai essayé d’appeler Dani, sans succès. J’y suis donc allé tout seul.

Départ de la maison, direction la digue. Il fait encore jour. Il est 20h30, quelque chose comme ça. Je pars doucement : une première ! D’habitude je démarre comme un dératé, je me choppe points de côté, mal aux jambes, aux genoux, au nez, aux cheveux, etc, au bout de dix minutes de ce régime sans sel. Là, non. Je commence sagement et passe ainsi tranquillement à côté de tous les maux sus-cités. Je cours au milieu d’un tas de gens qui courent aussi, marchent, promènent leur clebs ou leur vélo, se rincent l’œil (ben oui, vu le rapport nanas/mecs dans les parages, rapport largement supérieur à l’unité, je ne peux pas croire que tous sont là uniquement par soucis de faire un chouïa d’exercice physique - autant joindre l’agréable à l’utile, ceci étant...). Jusqu’au bout, j’irai. D’ailleurs, au bout, c’est quand même beaucoup moins peuplé. Normal, c’est plus loin, le bout.

Moi, je cours. Et comme je n’ai personne avec qui taper la discute, voilà que je me prends pour Forrest Gump, qui a pas mal couru lui aussi. Plus que moi, en fait. Sauf que moi, personne ne me suit spontanément. Faut dire que la digue à Padoue, ça n’a rien avoir avec la traversée des États-Unis. Ça prend seulement une petite heure... Pas le temps de rameuter les foules ! Et puis même...

Longue bande de terre gravillonnée, surplombant le canal de quelques mètres, et courant le long de sa rectitude. Des lampadaires défilent et se profilent jusqu’à l’horizon. Et moi, je cours. Il court, il court, le Guillaume.... Derrière le rideau de lampadaires, c’est le paysage qui défile. Au ralenti. Comme dans L’homme qui valait trois milliard. Et moi, je prends tout d’un coup pour Steve Austin en train de sauver le monde : je cours au ralenti...

Bon. Je redescends sur Terre pour contempler les cendres de ce qui a dû être un splendide coucher de Soleil. Des résidus rosés s’éteignent au cœur des nuages sur l’horizon ouest. Rien ne peut plus empêcher la nuit de tomber. J’arrive au bout. Demi-tour. Et hop, les lampadaires s’allument. Inexorablement, le jour se fait nuit. Mais, Ô magie de l’électricité, la digue reste éclairée, ainsi je vois où je mets les pieds. Une odeur curieuse envahi l’air. Une odeur d’usine. Une odeur chimique de plastique. Beurk. Zone industrielle de Padoue. Quitter ce lieu au plus vite. Arrêter de respirer ? Impossible !

Je fais une petite pause dans l’unique bosquet du parcours. Envie de pisser. Comme d’habitude. Les saccades répétées de la course à pieds doivent exercer quelque pression sur ma vessie : c’est inévitable, à chaque fois, il faut que je m’arrête pour la soulager. Allez comprendre...

Il faudrait que je fasse des variations de rythme, genre 200 mètres rapides, 200 mètres plus lentement. Pour muscler le cœur, paraît-il. Bon. Je tente quelques accélérations. Mais le cœur n’y est pas aujourd’hui, en fait. Je me rentre tranquillement à la nuit tombante. Trempé. J’ai couru une heure. Quelques étirements pour épargner la bête, et voilà. Ça fait du bien, cette petite suée, finalement !


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