Les tribulations d’un astronome

Appel pour le respect des blocs à Bleau

samedi 29 juin 2019 par Guillaume Blanc

Il y a deux ans, après quelques mois de cogitation et de tergiversations, le GUMS, inquiet du comportement irrespectueux des grimpeurs sur les blocs de grès fragiles de la forêt de Fontainebleau suite à l’explosion de la fréquentation du site depuis une quinzaine d’année, lançait un appel vers les grimpeurs, pour qu’ils se prennent eux-mêmes en charge. Il s’agit de mettre un frein à l’utilisation des poudres (toutes les poudres), magnésie et pof, qui défigurent les rochers, et limiter ainsi le brossage qui use le rocher, ainsi qu’à s’essuyer correctement les pieds avant de grimper pour éviter le polissage des prises.

Cet appel, le voici :

« Pour le respect des blocs à Bleau

Les sites et rochers d’escalade de la forêt de Fontainebleau sont de plus en plus dégradés par la fréquentation croissante de grimpeurs pas toujours conscients des traces qu’ils laissent derrière eux. La plus visible concerne la magnésie, dont l’utilisation compulsive et débridée défigure de plus en plus de rochers, constellés de taches et traînées blanches. Par ailleurs, les semelles de chaussons mal nettoyées entraînent un polissage accéléré du grès, tandis que le brossage à répétition (souvent pour nettoyer la magnésie) rabote irréversiblement certaines prises.

Grimpeurs occasionnels ou réguliers, nous ne pouvons pas nous contenter de constater en nous désolant l’altération irréversible de ce patrimoine exceptionnel. Nous pensons que la magie et la beauté de ‘Bleau’, célèbre parmi les grimpeurs du monde entier, doivent être préservées pour les générations à venir.

En signant cet appel, nous nous engageons à promouvoir auprès de l’ensemble de la communauté des bleausards de ‘bonnes pratiques’ pour l’escalade à Bleau afin de limiter les traces laissées par les grimpeurs sur le rocher. Ainsi, les poudres (magnésie, colophane) à l’état libre doivent être bannies de Bleau : elles ne doivent être tolérées qu’enfermées dans un contenant (chiffon) et utilisées avec la plus grande parcimonie, directement sur les mains (et non sur le rocher). L’idéal est même tout simplement de s’en passer, comme nombre de grimpeurs le font sans désagrément. Il importe également d’utiliser systématiquement un paillasson ou un chiffon, pour nettoyer soigneusement ses semelles de chaussons avant toute escalade sur un bloc (le crashpad ne suffit pas).

En donnant l’exemple, et en sensibilisant les visiteurs comme les habitués, nous pensons qu’émergera collectivement chez les grimpeurs un comportement plus respectueux de leur terrain de jeu. »

À ce jour, 14 clubs de pratiquants de la région parisienne l’ont signé, quelques autres organismes, comme les salles privées « BlockOut » ou l’ONG Mountain Wilderness. Une centaine d’individus l’ont également signé, dont Catherine Destivelle, un guide de Haute-Montagne et une grimpeuse de haute niveau, Caroline Sinno.

Un site web a été créé : https://respectonsbleau.wordpress.com/.

Depuis, l’Appel a été traduit dans différentes langues : anglais, allemand, espagnol, italien.

Un tract/affiche a été réalisé, pour prêcher la bonne parole sur le terrain : https://respectonsbleau.wordpress.com/affiche-flyer/, en français et en anglais. Un recto avec ce qu’il faut faire (ou ne pas faire), un verso pour le légitimer avec l’appel et les clubs et organismes signataires.

Il est toujours possible de signer cet appel individuellement ou bien au nom d’un club ou d’un organisme : https://respectonsbleau.wordpress.com/vous-souhaitez-signer/

Deux ans après, on ne voit pas vraiment l’ombre d’une prise de conscience et d’une modification des pratiques pour aller vers quelque chose de plus durable. Il faut promouvoir cet appel, il faut qu’il soit entendu et appliqué dans les clubs qui vont à Bleau, il faut prêcher la bonne parole auprès de tous. Il faut que l’utilisation de poudres devienne « has-been », que l’absence de tapis-brosse pour s’essuyer les chaussons soit pointé du doigt. Mais il n’est pas évident de modifier le striatum des grimpeurs, cette partie du cerveau primitif qui distribue l’hormone du plaisir, la dopamine... C’est un peu comme vouloir lutter contre le réchauffement climatique : après moi le déluge !

Quelques références :


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