Les tribulations d’un astronome

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Si tu me quittes, je t’efface

vendredi 29 juillet 2005 par Guillaume Blanc

Samedi dernier, au milieu de mes ultimes préparatifs pour mon voyage imaginaire au Pakistan, j’eus envie d’aller faire un tour au ciné le soir même. Le choix étant assez restreint, le ciné à ciel ouvert de la Rotonde nous passait un film au titre laconique « Se mi lasci, ti cancello ». Un film de Michel Gondry, avec Jim Carrey. Pfff, encore un film débile, machin américain à l’eau de rose (et le titre est en ce sens assez évocateur : Si tu me quittes, je t’efface, pour la traduction littérale en français) à la Jim Carrey. M’enfin, le désert cinématographique régnant par ici sur l’été me pousse à investiguer un peu. C’est IMdB qui me révèle qu’il s’agit en fait de l’excellent Eternal sunshine of the spotless mind, du même Michel Gondry avec le même Jim Carrey, et la belle Kate Winslet. C’est vrai que pour le non-anglophone, le titre laisse songeur (même pour l’anglophone, en fait !), et je sais pas sous quel forme il est arrivé en France (Si tu me quittes, je t’efface ou bien L’éternelle brillance de l’esprit immaculé ???)... La critique de Télérama est suffisamment bonne pour aiguiser ma curiosité. Par ailleurs, j’en ai entendu parlé — en bien — ça et là. Surtout là, d’ailleurs. Restait à aller me rendre compte par moi-même.

J’appelle quelques potes. Chouette : je ne serais pas tout seul. Rendez-vous est pris entre 21h et 21h15 sur la piazza Mazzini, devant le marchand de glace.

Et ce film est excellent. Un Jim Carrey qui joue enfin à l’acteur, et arrête de faire ses grimaces stupides. Rien à voir avec le titre. Au contraire. Un film intelligent, alambiqué, sinueux, où l’on se perd pour mieux s’y retrouver. Une Kate Winslet excentrique, qui « joue » à effacer son compagnon de sa mémoire, comme ça, sur un coup de tête, comme on décide d’aller pique-niquer aujourd’hui parce qu’il fait beau. Et puisque c’est comme ça, lui d’en faire autant. Tout ça, finalement, pour peut-être mieux se retrouver. Comme quoi l’amour se joue bel et bien de la technologie. L’amour, plus fort que l’oublie ?

C’est curieux, mais j’étais quasi-persuadé que le réalisateur de ce film était aussi celui de Dans la peau de John Malkovitch. J’étais même sur le point d’écrire un truc du genre : « ...et on reconnaît bien là la patte délirante du réalisateur de Dans la peau... ». Et en fait il n’en est rien, car c’est Spike Jonze, le réalisateur de Dans la peau.... Comme quoi, ma culture cinématographique, c’est pas encore au point. Y’a encore du boulot avant de demander un job chez Première !


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