Les tribulations d’un astronome

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Test hypoxie

mardi 29 mars 2011 par Guillaume Blanc

Nous sommes allés à l’autre extrémité de Paris pour passer un test « hypoxie » ; non, il ne s’agit pas d’aller arpenter le bitume pour s’enivrer de gaz d’échappements divers et variés, mais si l’environnement parisien est probablement hypoxique, ce n’est pas celui-là qui nous intéressait alors.

Nous préparons effectivement une petite expédition au Népal avec l’objectif d’aller tâter la côte 7000 m et des brouettes, ce, au sommet du Baruntse, dans le massif du Khumbu. N’ayant jamais grimpé plus haut que notre Mont Blanc, 4800 m, les quelques 2300 m qui séparent ces deux sommets sur l’échelle des altitudes a de quoi m’effrayer un peu. Terra incognita.

C’est pourquoi, dans le double objectif de me rassurer (ou pas) sur mes capacités et d’en apprendre un peu plus sur moi-même, j’ai pris rendez-vous au service de Médecine du Sport du professeur Richalet à l’hôpital d’Avicenne à Bobigny, pour un test hypoxie.

Je me suis retrouvé à traverser Paris depuis le treizième, dans le métro 14, puis le 7. J’ai débarqué à Bobigny, et là, c’est déjà un peu comme si le voyage avait commencé, la couleur locale avait quelque peu glissée entre la quartier aseptisé de mon université et celui dans lequel je débarquais. Hôpital franco-musulman. Bon. Dans le dédale des services, j’ai réussi à trouver le service « Physiologie, Exploration fonctionnelle, Médecine du sport ».

J’étais en avance, j’en ai profité pour remplir le questionnaire : antécédents médicaux personnels et familiaux, expérience de l’altitude (combien de nuits déjà passées au-dessus de 3500 m...), symptômes le cas échéant. Rétrospectivement, je me suis dit que je n’avais jamais eu de problème au-dessus de 3500 m, même si je n’y ai jamais séjourné très longtemps.

À l’heure dite, un jeune médecin m’emmène dans son antre. D’abord une discussion en regard du questionnaire que je viens de remplir, sur mon expérience de l’altitude, mes ressentis, etc. Puis il me demande de me mettre en tenue de sport, torse nu, et après prise de tension et pouls, je m’installe sur le vélo.

On me branche de partout, électrodes collées sur la poitrine, dans le dos, un truc sur le lobe de l’oreille pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang, et finalement, on m’enfile un tuyau dans la bouche. Et alors que je commençais à m’inquiéter de voir le test faussé par quelques respirations nasales, voilà qu’on me bouche l’appendice à l’aide d’un pince-nez ! Il faut s’habituer à respirer par la bouche, dans ce truc. Ça a un côté inquiétant. Je me dis que ce n’est pas pire que de respirer dans un détendeur en plongée...

Première phase, repos. On ne bouge pas, on se contente de respirer. Au bout de quelques minutes, une machine se met en branle, je comprends que le compresseur démarre, je respire de l’air à la pression régnant au sommet du Mont Blanc [1]. Moi qui pensait venir là et faire une cure d’air véritablement sommital. Ainsi donc j’ai aussi respiré de la pollution parisienne à basse pression ?

Puis on me demande de pédaler avec un rythme tel que le nombre de tours de pédale reste à peu près fixe. Après l’air sommital — ou pseudo-sommital ! — retour au plancher des vaches, toujours au même rythme. Enfin, la dureté du pédalage est augmentée pour retrouver le rythme cardiaque observé au sommet du Mont Blanc.

Et voilà, c’est terminé.

Je me rhabille et le médecin me présente les résultats. Les mesures réalisées par les différents capteurs sont tracées sur des courbes en fonction du temps. De ces courbes, des indices sont calculés, permettant d’évaluer empiriquement l’adaptation du corps à l’hypoxie. Mes indices sont dans le « bon » intervalle, ce qui montre que, a priori, je ne devrais pas avoir de problème à m’adapter au manque d’oxygène, si tant que les paliers d’acclimatation soient bien respectés.

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