Les tribulations d’un astronome

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Ikea

lundi 3 octobre 2005 par Guillaume Blanc

Appartement tout vide. Je n’ai jamais eu autant de place dans un « chez moi ». Mais trop, c’est trop. La première nuit, j’ai campé, avec duvet et thermarest (je vous épargne la popote au réchaud sur la moquette...), dans ma grande chambre. Certes, tout mon barda est entassé chez mes parents. Un petit aller-retour dans le sud, et hop, le vide devrait vite se combler. Mais quand même, quand même... En attendant... De toute façon, il me faudra un matelat. Alors, autant en profiter. Je file chez Ikea samedi en fin d’après-midi. Je trouve un matelat à ma convenance, et un sommier sommaire pour mettre dessous. Un sommier en bois, qui est en fait le support d’un futon. Et en pièce détachées. C’est qu’il va falloir bosser ! En arrivant chez moi, après m’être copieusement perdu dans la grande banlieue (conduire au pif, ça marche, mais ça prend plus de temps), et avoir pesté contre le monde entier pour ces tours et détours involontaires, je déballe mes achats. Le matelat est tout entier, pas besoin de jouer au mécano. Pour le futon, ben, la notice me dit de manière imagée que je vais avoir besoin d’un marteau et d’un tournevis pour en venir à bout. Choses qui ne sont pas fournies. Y’a comme un petit problème : pas de marteau ici, moi ! Tous mes outils attendant tranquillement ma visite à plus de 700 bornes. J’ai un tournevis, en revanche. Depuis le matin même : j’en avais besoin pour encastrer ma machine à laver dans son emplacement [1], j’ai donc investi. Bon. Je commence : trier les différentes pièces. Et tout de suite, l’impasse : il faut enfoncer des chevilles de platiques avec le marteau. Pas de marteau. De toute façon, il est tard, et marteler ferait trop de bruit... Je remets ce moment à une date ultérieure.

C’est dimanche, en revenant de Fontainebleau, en fin d’après-midi, que je me remettais à la tâche. Mais d’abord trouver un marteau. Je vais faire un tour dehors en quête de l’objet convoité. Et je le trouve : je glâne quelques caillasses qui pourraient bien être utiles dans ce rôle. Me voilà donc en train de frapper ma cheville avec un vulgaire caillou. Vulgaire, peut-être, mais ça marche. Victoire de l’esprit sur la matière. Mac Gyver. Rhaaaaa ! J’suis fort, hein ! Mesdames, mesdemoiselles, sachez que je suis bon à marier : en bon Homo Sapiens, je sais transformer un caillou en marteau [2]. Et ça marche, en plus ! Bon, je me paye quelques ampoules (y’avait quand même 64 chevilles à cheviller), mais j’en viens à bout. Quelques vis vissées plus tard, ça y est presque. Reste à assembler les trois morceaux. Et là, tout s’effondre : j’ai chevillé un bout de bois à l’envers (Rrrrhounoudidiou !!)... Quel âne ! Bricoleur du dimanche, va... Quoi ? Quoi ? Ah ! On est dimanche ! Ah bon.

Morale de cette histoire : ben une nana, elle, elle ne se serait pas gourée de sens : d’abord elle serait allée frapper chez les voisins, elle aurait arborée son plus beau sourire, et elle se serait fait prêter un vrai marteau. Puis, elle aurait assemblé le tout dans le calme et la sérénité, et tout se serait emboîté sans problème à la fin. Que ferait l’homme sans la femme, hein ? CQFD.


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