Annexe : que faire à l'échelle individuelle ?
Le constat dressé dans ce cours est accablant. Plusieurs d’entre vous m’ont demandé « que peut-on faire à notre échelle ? ». Il n’y a malheureusement pas de réponse directe et indiscutable à cette question. J’essaye néanmoins de donner quelques pistes ici.
Il est possible d’explorer un mode de vie « décroissant » à l’échelle individuelle ou d’un foyer, avec, bien évidemment les limites systémiques que la société impose telle qu’elle est (on ne pas vivre de manière décroissance au sein d’une société qui ne l’est pas). Les « petits gestes » ne sont pas anodins, ils sont une porte d’entrée vers une attitude plus respectueuse, vers une réflexion sur un mode de vie individuel, peut-être vers plus de bienêtre. C’est une sorte de « jeu » avec soi-même.
Vous pouvez ainsi essayer de :
- cuisiner à partir de produits « bruts » (légumes, farine, œufs, boulgour, etc.) ou presque bruts (pâtes…) ;
- réduire le gaspillage de nourriture mais aussi d’objets — voir l’annexe « Se nourrir quand on est étudiant·es » ;
- faire durer les choses le plus longtemps possible (habits, appareils électroniques, outils, etc.) ;
- acheter des objets les plus éthiques possible (fabriqués localement, avec des matériaux recyclés ou naturels, sans produits nocifs, etc.) ;
- réduire les déchets (emballages) avec notamment l’achat de denrées en vrac ;
- composter vos déchets de légumes et fruits — soit avec un composteur collectif dansune résidence ou un quartier, soit avec un lombricomposteur qui fonctionne très bien en appartement ;
- abandonner (le cas échéant) les voyages lointains en avion ;
- découvrir votre environnement proche (région, France, Europe...) pendant vos vacances (en train, en covoiturage, à vélo...) ;
- réfléchir à vos différents achats (est-ce vraiment utile ?) ;
- faire un potager ;
- diminuer la température de consigne de votre logement en hiver (et porter un pull !) — 1 °C de moins c’est 7 à 10 % de consommation d’énergie en moins ;
- vous déplacer à vélo au quotidien (en plus c’est bon pour la santé !) ;
- partager ses expériences avec ses ami·es et sa famille,
- changer de banque : la plupart des banques françaises investissent lourdement dans les énergies fossiles. Seules une poignée font exception ;
- aller voter (de manière éclairée) à toutes les élections.
Mais peut-être que le plus important est de prendre soin de vos proches, famille et ami·es, mais aussi voisin·es. Entretenir les liens que vous avez est important, en tisser de nouveaux aussi. La société actuelle fait beaucoup pour nous individualiser, nous confiner derrière nos smartphones et de pseudo-réseaux sociaux. Résistons contre ça, et tissons notre réseau social « en vrai ». IRL. La coopération entre les êtres humains (et non-humains) est une question de survie.
Les « petits gestes » n’ont pas d’effet transformateur (de la société — Dubuisson-Quellier (2024)), mais ils sont essentiels ne serait-ce que pour réfléchir sur le mode de vie que la société impose. En revanche, les choix de consommation ont un impact sur la société, comme en témoigne le déploiement du bio dans les supermarchés (alors qu’il s’agissait de produits militants il y a 50 ans), celui du vrac pour limiter les emballages, etc. (Dubuisson-Quellier (2023)).
Un autre élément important est de ne pas rester seul·e face au constat et à l’inaction de la société. Il vaut mieux rejoindre un collectif qui partage les mêmes idées.
Voici quelques associations nationales sur ces sujets :
- Pour un réveil écologique.
- Convention pour la Transition des Établissements du Supérieur.
- Réseau Étudiant pour une Société Écologique et Solidaire — un réseau national d’associations étudiantes.
- Youth for Climate — l’association fondée par Greta Thunberg…
- Extinction Rebellion.
Il en existe plein d’autres, à différentes échelles géographiques, sur différents sujets (protection des océans, protection de la nature, protection de la montagne, protection des animaux sauvages, etc.).
- Dubuisson-Quellier, S. (2024). L’envers des écogestes. Revue Projet, 400(3), 49–53. 10.3917/pro.400.0049
- Dubuisson-Quellier, S. (2023). Peut-on s’engager par sa consommation ? In Écologies (pp. 435–442). La Découverte. 10.3917/dec.bours.2023.01.0435