Annexe : fonction exponentielle
Ces annexes présentent les fonctions mathématiques exponentielles et logistiques, utiles pour décrire l’évolution de populations.
1La fonction exponentielle¶
La fonction exponentielle est égale à sa propre dérivée et sa valeur en 0 vaut 1 (Figure 1).

Figure 1:Courbes représentatives de fonctions croissantes : linéaire (vert), cubique (rouge) et exponentielles (bleu et noir).
2Croissance exponentielle¶
Supposons qu’une population de quelque chose (des animaux, des noyaux radioactifs, des virus, etc.), à un instant , croisse dans le temps (pendant un intervalle de temps ) avec un taux constant . Alors la population à l’instant est donnée par la population initiale, , à laquelle s’ajoute la quantité de qui a augmenté de pendant :
L’unité de est l’inverse d’un temps ; peut être positif (croissance) ou négatif (décroissance).
Cela donne :
Si on fait tendre vers 0, cela donne :
d’après la définition de la dérivée de la fonction :
L’équation (3) est une équation différentielle du première ordre à coefficients constants, sans second membre.
Elle est caractéristique d’une variation exponentielle : le taux de variation instantanée de la quantité , soit (ie la dérivée) est proportionnelle à la quantité elle-même.
Pour résoudre cette équation, on peut séparer les variables, en la réarrangeant :
soit :
En intégrant, on obtient la solution de cette équation :
avec .
On peut réécrire (7) selon :
où est la croissance, tandis que est le taux de croissance.
Ce taux de croissance s’écrit :
Si le temps s’exprime en années, le taux de croissance exponentiel est le taux de croissance « par an ». On l’exprime souvent en pourcentage par an.
3Radioactivité¶
Certains noyaux atomiques ont la propriété de se désintégrer spontanément pour se transformer en un autre noyau atomique, c’est la radioactivité. On définit la période radioactive comme étant l’intervalle de temps pendant lequel une population de noyaux radioactifs diminue de moitié. Ainsi, à , on a noyaux, une période plus tard, c’est-à-dire à , il en reste qui ne se sont pas désintégrés. En reportant cela dans l’équation (7) :
on obtient :
où est la constante radioactive (elle s’exprime en s).

Figure 2:Exemple de la décroissance radioactive du carbone 14. Source .
La figure 2 montre la décroissance radioactive d’une population de noyaux de carbone 14, un des isotopes du carbone, radioactif, dont la période est de 5600 ans.
4La population mondiale¶
Le taux de croissance annuel de la population mondiale est
actuellement de 1,018 % (en 2020). Cela
signifie qu’à l’instant , on a personnes ; à l’instant
an, on en a :
Ainsi, et la croissance vaut : (car quand est petit — développement limité de la fonction exponentielle).
Cette croissance exponentielle de la population est illustrée sur la figure 3..

Figure 3:L’évolution de la population humaine en fonction du temps depuis 10 000 ans, date de la sédentarisation d’Homo Sapiens. Source : Our World in Data.

Figure 4:L’évolution récente (depuis 1950) de la population mondiale, et les prédictions des Nations Unis jusqu’à 2100. Source : Nations Unies.
5Le covid¶
Avec la souche sauvage du SARS-CoV2, en mars 2020, on observait que le nombre de morts doublait tous les 7 jours.
Donc, à , on a morts ; à jours, on a morts
:
soit :
d’où le taux de croissance :
et une croissance de :

Figure 5:Nombre de décès journaliers dus au covid en France. Source : https://
La figure 5 montre les différentes vagues de décès dus au covid depuis mars 2020. Le début de chacune des vagues est à peu près exponentiel.
6Croissance logistique¶
Dans le monde réel une croissance exponentielle ne peut pas durer éternellement, sinon la population concernée devient infinie, ce qui est physiquement impossible, le monde étant de taille ou de capacité finie. Ainsi, le taux de croissance de la population mondiale commence à stagner (Figure 4), et chaque vague de covid a fini par se stabiliser et décroitre (Figure 5).
Plutôt qu’un modèle exponentiel, on peut utiliser un modèle de Verhulst qui utilise une fonction logistique. Pierre François Verhulst imagina ce modèle dans les années 1840 en réponse au modèle de Malthus qui proposait une croissance exponentielle de la population. Verhulst propose ainsi de tenir compte d’un taux de mortalité (nombre de décès annuel sur la population totale) et d’un taux de natalité (nombre de naissances annuel sur la population totale) : selon ses hypothèses, le taux de natalité décroit linéairement avec la population , tandis que le taux de mortalité croit linéairement avec la population. Alors :
avec :
avec car, par hypothèse, le taux de natalité décroit avec la population et car le taux de natalité ne peux pas être négatif. Et :
avec car, par hypothèse, le taux de mortalité croit avec la population et car le taux de mortalité ne peux pas être négatif. Les grandeurs et sont des constantes. Alors on a :
où et pour que la population puisse croitre quand est petit[^tauxacc].
En posant (), on obtient :
La fonction est solution de cette équation ; si , la population croit, et si , la population décroit. Le paramètre est la capacité de charge, c’est-à-dire la taille maximale de la population qu’un milieu donné peut supporter.
Il s’agit évidemment d’un modèle simpliste : les dynamiques des populations sont plus complexes que cela.
La résolution de l’équation (21) conduit à la solution logistique :
La Figure 6 montre une représentation graphique de cette fonction et de sa dérivée, avec la croissance exponentielle et la saturation due au paramètre .

Figure 6:Fonction logistique (en rouge), d’équation et sa dérivée (en bleu) ainsi que la fonction exponentielle (en vert) d’équation .