Les tribulations d’un astronome

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Coulée verte

jeudi 23 septembre 2010 par Guillaume Blanc

Ce matin, réveil à 5h36. Pourtant nous ne sommes pas en montagne, donc pas en refuge ou en bivouac. Pas de belle course de prévue à la « fraîche » dans la solitude des cimes. Non, c’est simplement que nous sommes en banlieue parisienne. À Palaiseau. Que j’ai un cours à l’université à Paris intra muros à 8h30. Que c’est jour de grève aujourd’hui, donc service minimum sur les transports en commun, sauf sur le RER B qui me transporte à Paris habituellement : là, c’est un service plus que minimaliste. Disons un train de temps en temps pour la forme.

Plutôt que de faire l’expérience animale du taux maximal de compression humaine dans un wagon de train, j’ai décidé de faire prendre l’air à mon vélo. J’avais déjà fait ça, dans un cadre moins contraignant, puisque sans grève des transports, et sans cours à 8h30. L’itinéraire est donc déjà en mémoire. La météo ne prévoyait pas de pluie pour ce matin. Toujours ça de gagné.

Il fait encore nuit quand je décolle à 6h17. Frontale sur le crâne, lumière à l’avant du vélo, clignotant à l’arrière, je suis paré. De Palaiseau, je gagne Massy par la route. Ensuite démarre la coulée verte, sorte de piste cyclable, souvent loin des routes et des voitures, qui s’enfile en verdoyant à travers la petite couronne. D’abord à l’écart des lampadaires — je me fraye un chemin dans la verdure sauvage à la frontale — elle devient de plus en plus éclairée : verdure, certes, mais verdure citadine !

Je croise peu de gens, quelques lèves-tôt qui font leur footing matinal, quelques travailleurs qui, comme moi, vont à vélo de bon matin, quelques chiens qui font prendre l’air à leurs maîtres... Pour la peine, je peux rouler vite, je ne suis pas gêné aux entournures.

Les douze kilomètres de la piste cyclable sont rapidement avalés. La verdure s’est continûment transformée en bétonure, et si jusque-là les feux de signalisation me la coulaient verte, en arrivant dans Paris, ils se sont mis au rouge. Il fallait bien perdre quelque part le temps gagné. Montparnasse, Denfert-Rochereau, Austerlitz, puis dernière ligne droite sous un ciel où l’aube menaçait à coups de grands traits rougeoyants.

Je pénètre dans le bâtiment rouge brique, encore plongé dans le silence noctambule. Je ne pousse pas le vice à grimper les quatre étages avec le vélo sur l’épaule et l’enfourne dans l’ascenseur : c’est que je tiens à le garder au chaud avec moi dans mon bureau. J’ai un peu d’avance, ayant mis moins de temps qu’habituellement pour parcourir la distance. Je peux flâner quelques minutes.

J’avais la pêche, ce matin, en cours. Toute médaille ayant son revers, cela ne saurait durer !


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