Les tribulations d’un astronome

Peau de léopard

mercredi 20 juin 2007 par Guillaume Blanc
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– C’est quoi ces horribles pustules, là, qui fleurissent sur tes bras ? La varicelle ?

Le fait est que depuis une dizaine de jours, je trimbale une multitude de petits points rouges sur mes bras, qui, de cloques, sont désormais en voie de cicatrisation.

– Non, une attaque de panais.

– De pas-nés ?

– De panais !

– Et ça mord ? Ça pique ?

– Ça urtique !

– ...

(De son superbe ton professoral...)

– Le panais est une plante. Une ombellifère. Une espèce parmi d’autres qui a du venin dans les veines. Une sève urticante.

– Comme les orties ?

– Non pas tout à fait. Parce que sur le coup, on ne s’en aperçoit pas, c’est plus vicieux que les orties. Quelques rougeurs ici et là, que sur le coup j’avais mis sur le compte des projections de la débroussailleuse.

En fait, c’est deux jours plus tard que les cloques sont apparues. Je pensais que c’était des coups de soleil sur les blessures du débroussaillage.

– Et ça fait mal ? Ça gratouille ? Ça chatouille, peut-être ?

– Finalement non, rien de tout cela. Tout l’art de la chose revient en fait à éviter de crever les cloques. Parce que c’est alors que ça commence à démanger. Et si l’on commence à se gratter, c’est la fin des haricots !

– Que viennent faire les haricots au milieu du panais ?

– C’est du pareil au même, ça se mange !

– Ça se mange ?

– Oui, comme les carottes, par la racine.

– ... ?

– Voilà, j’ai dû couper des panais en débroussaillant sans avoir l’air de rien. Bzimmm, un coup de fil rotatif, et le jus ainsi libéré de ses vaisseaux a pu gicler. Les belles ombellifères se sont vengées post mortem en m’aspergeant de leur venin urticant. CQFD.

– Et les cloques ?

– J’y viens. La sève des panais contient des furocoumarines qui sont des molécules toxiques photosensibles... Absorbant le rayonnement ultra-violet du Soleil, ces molécules transmettent l’énergie ainsi récupérée à l’ADN des cellules, ce qui entraîne des dommages à la peau. Des brûlures au deuxième degré, en l’occurence.

Vindiou ! Faudra que je ressorte ça dans les soirées mondaines, quelle classe ! Forusoumarine, tu disais ?

– Fu - ro - cou - ma - ri - ne !

– Et après qu’est-il advenu de tes bras ?

– Ben ça fait tâcheté. Ça cicatrise, doucettement. Peau léopard du plus bel effet !

– Ça va rester longtemps ?

– Qui sait, qui sait...


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