Les tribulations d’un astronome

Viaduc des Fauvettes

samedi 6 octobre 2012 par Guillaume Blanc

Il est en région parisienne un pont de pierre qui traverse un petit cours d’eau, le ruisseau d’Angoulême, au beau milieu de nulle part. Un pont désormais inutile. Un ouvrage d’art au beau milieu de la forêt, de meulière façonné, une douzaine d’arches qui enjambent le filet d’eau, surplombant de trente-cinq mètres les prairies environnantes. Un havre de nature, un petit coin de verdure inattendu, parfois malmené, coincé entre les Ulis et Gometz-le-Châtel.

Inutile ? Pas si sûr... Certes aucune machine à vapeur ne traverse plus le viaduc ni ne franchi la vallée creusée dans le bois de la Garenne, aucune machine d’aucune sorte, d’ailleurs, si ce ne sont quelques pétaradantes motocyclettes bravant l’interdit, mais ce viaduc s’est vu doté d’une saine utilité depuis peu...

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Si vous regardez bien, vous verrez des petits bons hommes accrochés à ses piles, le week-end venu. Parfois le soir à la belle saison dans le soleil couchant. Des bons hommes — et des bonnes femmes, cela va de soi — qui grimpent, qui grimpent. Reliés à une corde qu’ils trainent derrière eux, assurés, qu’ils se disent, ils viennent défier la pesanteur de la verticalité, pour le simple plaisir de... défier la pesanteur de la verticalité ? Ou bien pour s’en aller admirer la canopée par le dessus ? Dans ce cas-là, à quoi bon, puisque les promeneurs piétonniers qui arpentent le tablier ont tout loisir de jeter leur regard tranquillement sur la verte étendue ?

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Peut-être que les petits bons hommes arpentent ces murailles pour le simple plaisir de tâter la meulière, roche siliceuse, d’un jaune orangé caverneux, typique des constructions franciliennes, qui servit à édifier l’ouvrage en son temps, à défaut de moudre encore le grain. Avec un petit brin de masochisme — la dite-meulière étant quelque peu acérée pour les doigts délicats —, on peut effectivement éventuellement l’imaginer.

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Mais peut-être qu’en fait le grimpeur vient tout simplement là dans l’unique but d’abreuver sa cervelle d’un peu du plaisir de grimper. Grimper dehors, grimper sur une falaise, certes artificielle, mais falaise tout de même, arborant de surcroît le statut d’unique falaise de la région.

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Alors oui, peut-être que le plaisir de l’effort, le plaisir du vide grandissant sous les pieds, vide gagné par la force musculaire, vide maîtrisé, ce plaisir est ici, recherché.


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