Les tribulations d’un astronome

Feu de bois

jeudi 13 décembre 2007 par Guillaume Blanc

Depuis que nous avons emménagé dans notre nouvelle maison, nous utilisons la cheminée à fond. Les hectares de broussailles et d’arbustes que nous nettoyons régulièrement nous procurent la matière première pour garder une température décente dans notre maisonnette. La cheminée carbure.

Je retrouve ainsi la douce chaleur de mon enfance, dont les hivers furent baignés par le poêle familiale, avec ses hauts — quand ça « ronfle » —, et ses bas, température descendant rapidement sous les 15°C quand le feu s’arrête... Ne me manque qu’une bonne couche de neige dehors pour parfaire le tableau. Un jour, peut-être !

Je me demandais quel est l’impact environnemental d’un tel chauffage. On dit que avec les cheminée modernes à double combustion et à foyer fermé, les gaz nocifs que produit une combustion incomplète du bois ne sont pas rejetés dans l’air ambiant, ne restent, grosso modo, que du dioxyde de carbone et de la vapeur d’eau, dioxyde de carbone dont le bilan dans l’atmosphère est neutre en terme d’effet de serre, puisque le bois brûlé avait absorbé la même quantité de CO2 pour grandir...

Il n’empêche qu’il vaut mieux éviter que chaque parisien vivant intra-muros ne se chauffe au feu de bois, sinon, Paris ne serait plus qu’un immense nuage de fumée... Quand je vois ce qui sort de ma cheminée, je me dis égoïstement qu’heureusement que tout le monde ne fait pas la même chose, sinon ce serait le brouillard permanent ! À la campagne, passe encore, mais en ville... ?

Or voilà qu’une équipe de chercheurs vient de rendre son verdict sur l’origine de la pollution atmosphérique particulaire en composés carbonés. L’objectif était d’étudier la quantité et la composition des aérosols carbonés présents dans l’atmosphère en Europe, ainsi que d’en identifier l’origine, en provenance soit des combustibles fossiles (transports, industrie, chauffage au fioul et au gaz) soit de la biomasse (chauffage au bois, feux de végétaux). C’est ainsi que les résultats de l’étude qui s’est déroulé sur cinq ans, accusent la combustion de la biomasse d’être responsable de plus de la moitié cette pollution en Europe. Pollution à l’origine de maladies respiratoires, de surcroît, au même titre que les particules émises par les moteurs diesels (sic !).

Nous sommes doublement responsables, puisque outre notre chauffage au bois, lorsque nous débroussaillons nous brûlons des mètres cubes de ronces et de branchages, ce qui engendre souvent des nappes de fumées stagnantes dans le fond de la vallée...

Que faire ? Abandonner le chauffage au bois ? Alors que le combustible est juste là, gratuit (moyennant un peu de sueur, et un chouïa d’huile de chaîne de tronçonneuse), dehors ? Ça risque d’être difficile. Et comment se débarrasser de nos déchets de débroussaillage ? La solution serait de les broyer pour en réduire le volume, puis de les stocker dans un coin, d’en faire une sorte de terreau...

Comme quoi, rien n’est simple : on pense faire du bien à la planète tout élevant notre niveau de confort (parce que le chauffage au bois, qu’est-ce que c’est bon : adieu chauffage par le sol collectif et incontrôlable), que nenni ! On pollue en fait comme un bon gros diesel... Et même plus !


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