Les tribulations d’un astronome

La blancheur qu’on croyait éternelle

samedi 14 juin 2014 par Guillaume Blanc
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De Virginie Carton. Une histoire de trentenaires célibataires, qui tourne autour de la chanson française de l’époque de leur jeunesse (ou juste après : L’amour à la machine de Alain Souchon date de 1993, ou juste avant, on y évoque Dave aussi et sa Lettre à Hélène en 1978). Ou plutôt de la mienne, de jeunesse : les personnages sont un chouïa plus jeunes que moi : ils découvrent les DVD à vingt ans, moi, ce fut à vingt-six ans.

Mathilde et Lucien sont voisins, mais ne le savent pas, enfin pas tout de suite, ils se tournent autour sans le savoir non plus. Une histoire joliment romantique, avec des personnages qui nous ressemblent, enfin surtout quand on a à peu près mon âge ; d’ailleurs Lucien et moi, on a quelques facettes en commun ! Un peu en décalage aussi par rapport à leur époque. Pas tout à fait dans le vingt-et-unième siècle (je me demande aussi parfois si je suis bien dans le bon siècle).

J’ai donc eu plaisir à lire ce roman, découvert dans la foulée de la sélection du Livre Inter, avec ce Lucien qui ne sait pas sur quel pied danser, qui d’ailleurs n’aime pas danser, mais aime le coca. Un peu comme moi ! Sauf que je sais sur quel pied danser, moi, même si je n’aime pas/ne sais pas danser ! Et puis j’aime bien Joe Dassin, mais de là à me déguiser en lui, il y a un précipice que je ne saurais franchir. Tout comme louer une Ford Mustang 1966 pour aller à Deauville. Je suis sûr que les skis n’y rentrent même pas. D’ailleurs à Deauville on ne fait pas du ski (L’éternelle blancheur est ailleurs...). Ou pas du ski comme je l’aime. Mais là n’est pas l’essentiel, finalement, outre cette résonance perçue avec les personnages, le personnage, c’est très bien écrit, le suspense qui revient à se demander si les deux tourtereaux font finir par se croiser un jour — Véritablement ; Quand ; Comment ; Où — donne toujours envie de tourner la page avec délectation. Le point final atteint, on se sent bien. Zen.


« On se retrouve tous un jour dans l’une de ces situations si absurdes que l’on ferait n’importe quoi pourvu qu’elle cesse. »

« C’est le paradoxe des gens qui vont contre leur nature : souvent ils en font plus que les autres. »

« C’est le problème avec les engagements : la plupart du temps, on essaie de s’y tenir. »

J’ai trouvé dans ce roman une méthode qui pourrait m’être utile avec les étudiants que je suis amené à côtoyer et qui ne savent pas quoi faire de leur dix doigts. Éléonore, une amie de Mathilde, lui conseille « d’écrire une liste des choses qu’elle aimait faire dans la vie.  » Et de voir les entreprises qui « fabriquent ces choses-là. »

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©Stock

L’idée vaut probablement celle d’aller voir des conseillers d’orientation incompétents !


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