Les tribulations d’un astronome

Ailefroide sans voiture ?

jeudi 18 août 2016 par Guillaume Blanc

Au mois de juillet je suis à nouveau passé à Ailefroide, puis au Pré de Madame Carle. L’accès au parking du Pré de Madame Carle est désormais payant, deux euros, qu’un quidam récupère à l’entrée du Pré. Les bornes de péage automatique ont fait long feu. Petite contribution pour financer l’entretien du site (toilettes, sentiers, etc) par la commune de Pelvoux. C’est normal.

Par contre, toutes ces voitures, en particulier dans le petit village d’Ailefroide, ça me fout le bourdon. Quand on redescend de la montagne, on commence à les croiser au milieu des champs, à Ailefroide, les voitures : c’est simple, il y en a partout. Omniprésence. Voiture, voiture, voiture, ce symbole de la liberté dans nos sociétés commence a devenir sacrément encombrant.

Ailefroide, petit village de montagne, niché au pied de l’imposant Pelvoux, ouvert seulement l’été, recouvert de mètres de neige au cœur de l’hiver, attire les foules. L’été. Touristes, randonneurs, grimpeurs, alpinistes se côtoient là pour le meilleur. Tous y viennent en voiture, cette « machine » individuelle incontournable autour de laquelle toute notre société est organisée. La liberté de pouvoir se déplacer sous la main en permanence.

Ceci étant, je fais pareil, puisqu’il est, non pas impossible, mais difficile d’atteindre Ailefroide autrement qu’en voiture individuelle. À part à pieds ou en vélo. Il existe bien une navette entre L’Argentière et le Pré de Madame Carle, mais à raison de deux montées le matin par jour et trois descentes par jour, matin, mi-journée, après-midi, il faut viser juste. Le tarif de 12 € aller-retour est en outre, lui, particulièrement dissuasif.

Dans mon monde idéal, je verrais bien une interdiction aux voitures de dépasser Pelvoux, interdiction d’aller vers Ailefroide. Il suffirait de se garer à Pelvoux — il y a la place au niveau de la station de ski — et de prendre une navette, qui serait suffisamment fréquente (tous les quarts d’heure en période estivale ?) pour satisfaire tout le monde !

Cela permettrait de surcroît à ceux qui viennent en transports en commun (train, bus depuis la gare), ou même en car de pourvoir accéder à Ailefroide ou au Pré de Madame Carle facilement. Mon club de montagne parisien rechigne à aller dans ce coin des Alpes, puisque les cars ne peuvent dépasser Pelvoux. Heureusement, nous avons la pêche et montons généralement à pieds depuis Pelvoux quand nous y allons. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde ! Et quand il faut monter au refuge des Écrins en descendant du car à Pelvoux, ça commence à faire une petite trotte...

Ce système de navette existe dans certains coins, comme dans les Pyrénées pour aller au lac des Bouillouses. Ce n’est pas très contraignant, et cela permet de libérer un endroit encaissé et fragile de l’emprise de la voiture. Un endroit comme Ailefroide...

D’ailleurs je verrais bien ce même système dans d’autres vallées, comme l’Ubaye entre Saint Paul et Maljasset, comme la vallée du Vénéon où un bus existe mais peu fréquent, là encore. Et certainement dans d’autres petits coins de paradis envahis par la voiture.


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